RENCONTRES MÉTAPHYSIQUES I : Face à la Lionne

"Tu portes une cicatrice en ton cœur, elle te rend fort comme moi..."

Sekhmet à moi même, Janvier 2021, Temple de Karnak – Egypte 

C’est au cœur de l’obscurité que j’ai rencontré la déesse lionne, Sekhmet. J’ai eu la chance de pouvoir entrer en son temple à Karnak avec cinq amis pour m’accompagner. 

Devant la statue en basalte encore en place de la déesse nous avons pris le temps de nous recueillir et de méditer. 

Ce que peu de gens savent, c’est que les dieux égyptiens ne sont pas des personnes à proprement parler, mais ils personnifient des concepts et véhiculent l’énergie du concept qu’ils représentent. Interagir avec eux me/nous permet d’expérimenter certains principes fondateurs de l’Univers et de l’humanité. C’est pour cette raison que nous sommes entré en connexion avec elle : afin qu’à la manière d’un miroir sur notre propre nature humaine, elle nous transmette son enseignement.

J’ai rarement ressenti une présence aussi forte que lorsque nous avons interagi avec Sekhmet à Karnak et je dois avouer que cette déesse guerrière était loin d’attirer mon attention auparavant – justement à cause de son aspect guerrier que je ne comprenais pas ou refoulais car « négatif » de mon point de vue. C’était à mon sens une déesse pour les belliqueux. 

Photo de la statue de Sekhmet à Karnak ( janvier 2021 )

Pourtant j’ai été séduit dès mon entrée par la beauté de la grande lionne qui baignait ici dans l’ombre. Elle était là, présente à travers l’image de la statue, aussi digne qu’elle le paraissait dans la pierre.  

J’ai été surpris deux fois : la première fois par sa présence impressionnante et soudaine qui s’est manifesté à moi après quelques instants d’interaction. La deuxième par son énergie que j’imaginais autrement.  

 

Derrière l’image de la puissante et terrible guerrière qu’elle renvoie à premier abord, se cache une sensibilité et une douceur extrême à laquelle je n’attendais pas. 

J’ai senti soudainement du feu au niveau de mon cœur et je me souviens de m’être effrayé par cette sensation – je ne comprenais pas ce qu’il se passait, j’étais très impressionné. Puis c’est comme si elle s’était dévoilé à moi, comme si elle avait ouvert sa poitrine pour me montrer son intériorité. 

J’y ai vu une nuit étoilée, la douceur d’une mère prête à tout pour protéger ceux qu’elle aime. J’y ai vu les yeux doux d’un enfant devenu fort par nécessité de le devenir.

J’ai été touché par tant d’humanité et je pense m’être vu à travers elle.  Je pense aussi avoir vu une part du monde humain. Et c’est avec beaucoup de compassion que j’ai pu comprendre certaines des plus terribles problématiques auxquelles nous pouvons faire face actuellement. Nous oublions que derrière chacun d’entre nous se cachent des êtres sensibles, que derrière chaque guerre du quotidien il y a avant tout des âmes blessées qui en blessent d’autres. 

 

Les mots de la lionne //

En passant la porte du temple pour en sortir, une dernière information m’est parvenue : « Tu portes une cicatrice en ton cœur et elle te rend fort comme moi. »

J’avoue ne pas avoir compris ces paroles surgissant de mon esprit à ce moment-là. Comment une cicatrice pouvait-t-elle me rendre fort ? N’est-ce pas au contraire une marque de faiblesse ? 

Il faut dire qu’à ce moment-là je traversais une période de ma vie où je ne m’étais jamais senti aussi vulnérable. Une période de ma vie ou le fait de retirer ma carapace m’avait fait endurer quelques souffrances. 

Pourtant, aujourd’hui je comprends plus ou moins la signification de ces mots. Je comprend que la sensibilité est la plus grande force de l’Univers, car elle nous permet d’apprendre de l’expérience et de créer. Je vois que seul un corps remplis d’émotions possède une force capable de transformer le monde autour de lui. Or, sans être capable de ressentir ses propres émotions, il nous est impossible de maîtriser leur force créatrice (ou même destructrice) de façon à ce qu’elles profitent à notre réalisation. 

Pourquoi une cicatrice me rend-t-elle fort ? Je ne saurais pas encore répondre pleinement à cette question, mais au moins j’admet cette éventualité. Ce que je sais, c’est qu’en soignant mes blessures j’ai pu en apprendre sur moi-même et aussi sur les autres. En guérissant nous nous transformons, nous nous développons, nous nous ouvrons à nous même et au monde. 

Guérir nous oblige à faire face à nos propres ombres et dans les ombres j’ai trouvé beaucoup de force il est vrai… non pas une force qui me permet de me battre ou de combattre, ni même d’obtenir de ce que je veux . Mais une force qui me permet peu à peu de sortir de cette réalité faite d’adversité. L’adversité face aux autres, face aux événements, à la vie, face à moi-même et à mes exigences…

Je le vois à présent… que la plus grande des forces n’est certainement celle qui découle de la volonté acharnée, mais celle qui s’allie aux courants du monde et fait corps avec l’existence :

La force c’est quand il n’y a ni guerres, ni luttes, ni ennemis – seulement notre regard posé sur la direction à prendre. 

ELOHRIËL

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